Un baiser papillon

Billie et Louis forment un couple très amoureux. Ils mènent une vie parfaite. Jusqu’au jour où tout bascule. Billie, atteinte d’un cancer depuis plusieurs mois, jusque-là vécu dans le secret, se voit dans l’obligation d’en parler à sa famille. Autour d’elle, son amie Marie, comédienne reconnue, se meurt d’envie d’avoir un enfant, alors que son énième copain, chef d’orchestre insomniaque a d’autres priorités. Pour elle, rien n’est plus beau, plus grand et plus important que la vie. De l’autre côté, Billie se lie d’amitié avec Alice, son infirmière en grand manque de liberté, qui affirme le contraire de Marie. La vie, c’est ici et maintenant et rien ne sert de se tuer à se battre pour survivre. Viennent se greffer à cette histoire, Paul, le beau-frère de Marie, qui essaie de donner un sens à sa vie en sauvant une prostituée ukrainienne, Samuel, le copain de Marie, à bout de nerfs, le patron du bar où Paul a ses habitudes, coincé entre la désir d’une vie tranquille et ses fils révolutionnaires, etc.

Karine Silla Pérez a pris un pari risqué avec ce film. Elle aborde trop de thèmes (la maladie, la famille, la maternité, l’amour, l’amitié, la liberté, …) dans ce film d’à peine une heure quarante minutes. On s’éloigne, on se perd, et finalement, on a un peu de difficulté à suivre. L’histoire de Billie, qui pourtant devrait prendre toute la place, se retrouve reléguée au second plan. Le but de la réalisatrice n’est pas clair. Que voulait-elle faire? Un film choral où les destins se croisent? Ou un film touchant sur la beauté de la vie, vue par une femme aimante et bonne vivante, mais condamnée? Dans les deux cas, elle choisit d’aborder trop d’histoires différentes, trop de thèmes. Elle ne creuse pas assez chacune des histoires, qui ne sont, au final, qu’abordées en surface. Cela laisse l’impression d’un film non-achevé, pas assez travaillé, ce qui est dommage, puisqu’il y avait matière à réflexion dans ce film. Elle aurait pu couper une ou deux histoires (les émeutes de Paris et la prostituée ukrainienne, par exemple) et cela aurait été à la fois plus léger, plus creux et plus touchant. Malgré tout, l’histoire de Billie, l’histoire « principale », nous arrache quelques larmes. J’en aurais tout de même pris un peu plus. Les acteurs formant cette « famille » sont justes et émouvants. Est-ce peut-être du au fait qu’ils forment une « vraie » famille? (Vincent Pérez, le mari de Karine Silla joue le père des deux filles, elles-mêmes interprétées par la fille du couple, Iman Pérez, et la fille de Karine Silla et Gérard Depardieu, Roxanne.)

Un baiser papillon n’est pas un film complètement raté, même s’il deçoit un peu. À voir, tout de même, pour le jeu troublant de Cécile de France (Alice), la magnifique musique, et l’hyme à la vie et à la liberté qu’il est.

Camille, émission du 9 novembre 2011

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