Hommage à un antihéros: Ed Wood

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Le réalisateur américain Ed Wood a réalisé bon nombre de navets cinématographiques qui ont mérité l’horrible cote de 7 sur l’échelle Médiafilm (dont je traiterai dans un prochain billet).

Wood est né dans l’état de New York en 1924 et il est décédé en Californie en 1978. Il a été dans les Marines américaines de 1942 à 1946 avant de se tourner vers Hollywood pour faire du cinéma.

Après avoir approché plusieurs producteurs pour financer ses projets, c’est en 1953 qu’il lança son premier film digne de son nom, Glen or Glenda?, un film traitant de travestissement, une activité qu’il pratiquait régulièrement depuis sa petite enfance. D’ailleurs, pour la petite anecdote, il avait affirmé, au moment de la sortie du film, qu’il portait des sous-vêtements féminins sous son uniforme d’armée pendant son service militaire. Le film de 65 minutes, dans lequel Wood tenait lui-même le rôle principal, était presque inaudible tellement le son était mauvais. Pour ce qui est des décors, ils semblaient faits en carton et le jeu des acteurs était atroce. On parlait d’un homme qui a des goûts pour les vêtements féminins très développés et qui ne sait pas sur quel pied danser avec son apparence. C’était tourné comme un faux documentaire, avec un narrateur qui parlait entre les scènes.

Le film n’a pas été très populaire à sa sortie. À cette époque, les réalisateurs tournaient une scène par jour environ, alors que Wood en tournait une trentaine.
On comprends donc que le film était rempli d’erreurs et il est devenu par la suite une référence quand on cherche des exemples de mauvais tournages. C’est devenu un film culte pour cette raison, et non pas pour sa qualité.

Alors vous vous demandez : comment a-t’il pu tourner d’autres films par la suite si son premier film était aussi affreux?

La réponse est simple : il les produisait lui-même! Son prochain film « d’importance » après Glen or Glenda? s’appellait The Bride of the Monster.

Dans ce film, nous sommes en plein cœur d’une petite ville dans laquelle il y a des disparitions que l’on attribue à un monstre qui vivrait près du marais. Deux randonneurs qui s’y promènent vont squatter une maison abandonnée pendant un orage. On s’imagine, pour ne pas trop gâcher le punch, qu’elle n’est pas vraiment abandonnée.

Le monstre en question est une genre de pieuvre conçue par un savant fou pour protéger sa maison. Manipulée par un moteur, les mouvements ne sont pas crédibles, toujours dans des décors qui semblent aussi solides qu’un château de cartes. En plus, on raconte que la pieuvre-monstre avait été volée des archives d’un studio qui l’avait utilisée pour un autre film.

On voit que tout est fait en cabochon, des premières lignes d’écriture du scénario à la sortie du film.

Je vous propose un troisième film si vous voulez vraiment découvrir l’ampleur du phénomène Ed Wood. C’est le seul que j’ai vu de sa filmographie et ce fut assez pour comprendre à quel point il peut être ludique d’une certaine façon. Ça s’appelle Plan 9 from Outer Space. Le résumé se lit intégralement comme suit : Des extraterrestres, inquiets de la bêtise humaine et de sa propension à tout détruire, tentent d’asservir l’espèce humaine en appliquant le Plan 9 : réveiller les morts pour mieux dominer les vivants.

Pour avoir l’argent pour le faire, Ed Wood a été financé par une église baptiste et il a fait baptiser tous les membres de l’équipe de tournage.

L’acteur principal du film, Bela Lugosi, qui était l’acteur fétiche de Wood, est mort après le début du tournage, mais plutôt que de jeter aux archives le matériel déjà tourné et recommencer avec un nouvel acteur, ils ont continué comme si de rien était en tournant avec un homme qui lui ressemblait, le chiropraticien de sa femme, qui jouait avec un genre de voile sur son visage pour pas que l’on voit que l’acteur avait changé. Tout est « botché », si je peux prendre cette expression : les raccords, les effets spéciaux, 2 acteurs différents pour jouer le même rôle. Pour faire des soucoupes volantes, on tient une soucoupe en carton accrochée à un bâton qu’on promène dans les airs devant un ciel étoilé en carton. Et comme cerise sur le sundae, on voit de l’équipement de tournage un peu partout pendant le film.

Néanmoins, Ed Wood est un véritable phénomène de l’histoire du cinéma américain. Le réalisateur Tim Burton a fait un portrait de la vie du bonhomme, qui, après ses insuccès, a terminé sa carrière en tournant des films érotiques avant de mourir d’une crise cardiaque liée à l’alcoolisme. C’est l’acteur fétiche de Burton, Johnny Depp, qui tient le rôle du réalisateur moribond.

Wood était un personnage très charismatique qui voulait vraiment faire de bons films même si on aurait dit qu’il faisait exprès pour tous les rater. Le film biographique de Burton, sorti en 1994, est tourné en noir et blanc et c’était la deuxième d’une longue association entre Burton et Johnny Depp comme acteur principal et il s’intitule tout simplement Ed Wood.

On y voit des scènes authentiques dans le film on y traite donc des tournages des trois films dont j’ai parlé, Glen or Glenda?, Bride of the monster et Plan 9 From Outer Space. Le film a mérité quelques nominations dans des galas de cinéma et il ne fait aucun doute que le biopic était meilleur que les films de la filmographie d’Ed Wood.

Si vous voulez découvrir quelques oeuvres de la collection d’Ed Wood, je vous invite à visiter un club vidéo comme La Boîte noire ou à regarder sur iTunes ou ailleurs sur Internet.
Mieux, allez au club vidéo puis demandez au commis Plan 9 From Outer Space juste pour voir sa réaction!

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