We need to talk about Kevin

Crédit - Oscilloscope

We need to talk about Kevin (112 minutes, co-production Royaume-Uni et États-Unis)

Réalisation: Lynne Ramsay

Avec: Tilda Swinton, Ezra Miller, John C. Reilly et Jasper Newell.

Il s’agit de l’histoire d’une famille, du point de vue d’Eva, la mère. Eva était une globe-trotteur et rien ne lui plaisait plus que de voyager. Elle doit pourtant mettre sa vie professionnelle et ses objectifs de carrière de côté pour donner naissance à son fils, Kevin. Dès le début, la relation entre Kevin et Eva est difficile : il crie beaucoup, elle a de la difficulté à supporter ses crises, elle semble en baby blues et surtout, exaspérée. Elle est prête à tout pour un moment de répit et c’est son mari, joué par John C. Reilly, qui va l’aider à passer à travers toutes les épreuves que son fils lui fait subir. Il développe avec Kevin un lien privilégié, car lui sait comment le prendre, comment lui parler, l’approcher. Mais il travaille et ne peux pas être là en permanence. C’est donc Eva qui va voir évoluer Kevin en une sorte de monstre, dès son plus jeune âge, ce qui le mènera, la journée de ses 16 ans, à commettre un acte fatal et irréparable.

Le film est basé sur des retours en arrière, on voit donc Eva deux ans après la tragédie, seule et désemparée, qui subit la colère de sa communauté et qui se cherche un travail pour survivre. Elle erre dans la ville ou encore se cache dans sa maison, tout cela en pensant constamment à son fils. Elle se sent coupable de ce qui est arrivé, de comment son fils est devenu un monstre. Est-ce qu’elle aurait pu l’aimer davantage? À partir de quel moment est-il devenu aussi cruel? Est-ce qu’elle aurait pu s’apercevoir de ce qui se tramait dans la tête de son fils?

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C’est plutôt comme ça qu’on voit le développement de la relation entre Kevin et Eva, parce que la mère repense à plusieurs actions isolées qui auraient pu lui mettre la puce à l’oreille ou bien qui lui montrent bel et bien que depuis les touts débuts il est diabolique. Honnêtement, c’est le garçon le plus détestable que je n’ai jamais vu, il ne semble pas avoir une once de bien dans lui, tellement que ça devient difficile de comprendre la patience d’Eva. Il faut vraiment que l’amour maternel soit très, très fort! À la suite du visionnement, on se pose donc les mêmes questions qui hantent Eva, à savoir si l’amour qu’une mère porte à son enfant doit vraiment être inconditionnel, plus fort que tout.

Tilda Swinton est remarquable, elle semble absolument dépassée par les événements, par le comportement de Kevin. Elle passe par plusieurs émotions dans le film, toujours avec une justesse incroyable. Mais ce qu’on retiendra surtout, c’est son regard. C’est par là que passe toutes les émotions, et c’est grâce à eux qu’elle nous touche vraiment. Elle mérite sa nomination aux Golden Globes et n’aurait pas dû être recalée de la prestigieuse liste des Oscars, selon moi.

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Il y a aussi Ezra Miller, celui qui joue Kevin à l’adolescence, qui est absolument détestable, ce qui démontre à quel point il est formidable. Son regard et son sourire espiègle – un espiègle mesquin, méchant – troublent et parlent énormément. Pourtant, aucune nomination aux Golden Globes ou aux Oscars pour lui.

Fait à noter, les deux jeunes garçons jouant Kevin plus jeunes ressemble beaucoup à Ezra Miller qui prend la relève à l’adolescence, ce qui est un détail important. On peut aussi remarquer à travers le film l’obsession de la réalisatrice, Lynne Ramsay, pour la couleur rouge. Rouge confiture de fraises, rouge peinture, rouge tomates, mais surtout, rouge sang.  On pourrait penser que de la façon dont les événements tournent, le film est un clin d’œil à des tragédies comme Columbine, mais il faut préciser que le film est tiré du livre We need to talk about Kevin, de l’auteur Lionel Shriver, et qui a gagné en 2005 le prix Orange pour la fiction au Royaume-Uni.

Bref, c’est un thriller assez touchant, extrêmement troublant, et je le conseille fortement, ne serait-ce que pour les performances des Tilda Swinton et Ezra Miller. Un film surtout de performances d’acteurs et de questionnements, de remises en question.

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