Jules et Jim

Jules et Jim (105 minutes, France)

Réalisation: François Truffaut

Avec: Oskar Werner, Henri Serre, Jeanne Moreau

 

En 1962, François Truffaut, alors âgé de 30 ans, réalise le désormais célèbre Jules et Jim, film inspiré du roman du même nom, écrit par Henri-Pierre Roché en 1953.

Jules (Oskar Werner), écrivain autrichien arrive en France au début du 20e siècle, et rencontre Jim (Henri Serre), qui lui fait découvrir la vie parisienne. Les deux jeunes hommes deviennent rapidement de bons amis, et un soir, ils rencontrent Catherine (Jeanne Moreau), femme dont ils s’éprennent tous les deux.

Catherine aime se sentir importante pour un homme, et se retrouve donc gâtée dans cette relation. Mais arrive la Première Guerre mondiale, et les trois amis sont séparés, tous craignant que Jules et Jim se tuent sans le savoir. À la fin de la guerre, Jules retrouve Catherine, avec qui il se marie, avant de renouer avec Jim, toujours amoureux de Catherine. À partir de là, les deux hommes s’entendent sur une espèce de ménage à trois qui les blesse autant qu’il leur fait du bien. Ils s’en accomodent bien pendant un certain temps, mais on comprend rapidement que la fin ne peut être autrement que tragique.

« Jules et Jim est un hyme à la vie et à la mort, une démonstration par la joie et la tristesse de l’impossibilité de toute combinaison amoureuse en dehors du couple », a dit Truffaut, un an avant le tournage. Cette phrase, qui pourrait être considérée comme la morale du film, annonce le caractère dramatique de l’histoire.

Henri-Pierre Roché s’est inspiré de sa propre vie pour écrire ce roman, à l’âge de 74 ans. Il parle en fait de la relation qu’il entretenait avec son bon ami, l’écrivain allemand Franz Hessel, et la fascination qu’il éprouvait pour la femme de celui-ci, Helen Grund. À la mort de celle-ci, les véritables noms des personnages de Jules et Jim ont été révélés.

La chanson Le tourbillon de la vie, chantée par Jeanne Moreau dans le film, fait également référence à un autre trio. Composée par Serge Rezvani, qui accompagne Moreau dans le film, elle a été remarquée par Truffaut, qui voulait absolument la mettre dans son film. Rezvani, qui apparait au générique sous le pseudonyme Boris Bassiak, l’avait écrite 7 ans plus tôt, pour Jeanne Moreau elle-même, qui ne cessait de se séparer et de renouer avec son compagnon de l’époque, le réalisateur Jean-Louis Richard, lui-même le meilleur ami de Rezvani.

Si Jules et Jim ne réinvente pas le genre, il surprend tout de même par son propos et l’époque à laquelle il se déroule. On le regarde comme on regarde un vieux classique du cinéma et juste pour entendre Jeanne Moreau chanter « On s’est connus, on s’est reconnus

On s’est perdus de vue, on s’est reperdus de vie

On s’est retrouvés, on s’est séparés

Dans le tourbillon de la vie » devant ses deux amours, ça vaut la peine.

Écouter la critique à l’émission du 29 février 2012 

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