Toucher celui qui touchera le ciel

Crédit – Les Films Séville

TOUCHER LE CIEL (Québec, 89 minutes)

Avec : Guy Laliberté, Jeffrey Williams, Maxime Souraïev, Alexei Leonov, Mikhail Tyurin.

Réalisation : Adrian Wills

Récit véridique datant de 2009, Toucher le ciel est un documentaire suivant les traces du fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, alors qu’il s’entraîne au camp d’entraînement de Star City, en Russie, afin d’aller dans l’espace. L’excentrique milliardaire s’est payé une place à bord de la prochaine fusée Soyouz pour s’envoler vers la Station Spatiale Internationale pendant 12 jours et alors que les touristes de l’espace s’entraînent généralement durant 9 mois avant le décollage, Laliberté ne dispose que de 4 mois et demi. Il devra…perdre du poids, améliorer sa condition physique, s’adapter aux technologies de la fusée et de la SSI, apprendre la langue russe, mais aussi se familiariser avec la vie en orbite (nausées, étourdissement, la tête à l’envers, de la pression, dans l’eau, situations d’urgences, etc.). Tout ça, pour mener à son événement planétaire One Drop, pour un meilleur accès à l’eau potable partout dans le monde, qui offrira dans 14 pays différents un spectacle durant lequel Guy Laliberté lui-même, en direct de la SSI, livrera un message d’espoir – un poème – durant 2h.

Crédit – Les Films Séville

C’est en effet davantage vers cet événement grandiose que s’oriente toute la préparation de Guy Laliberté. Si on voit quelques-uns des modules dans lesquels doit s’exercer l’homme d’affaires, dont deux qui tournent à une vitesse foudroyante, l’attention est plus dirigée vers ses conversations téléphoniques avec l’auteur canadien Yann Martel pour lui commander un poème sur l’eau ou encore avec des techniciens, organisateurs d’événements, avec qui il n’est pas tout à fait doux et sympathique, leur semant de s’organiser comme ils le voulaient, mais l’événement devrait avoir lieu dans deux semaines. On voit aussi Guy Laliberté rencontrer ceux qui, manifestement, sont ces amis : The Edge, Bono et les autres, de la formation U2. C’est qu’ils feront partie de l’événement, en donnant un spectacle à Tampa et en accueillant Laliberté sur écran géant. On voit donc le milliardaire s’emporter à quelques reprises, réalisant que d’organiser cet événement planétaire est une lourde charge de travail, en plus de tout le reste. C’est pourquoi il se fâchera au téléphone contre les hauts dirigeants de la NASA, prétextant qu’avec tout ce qu’il a à faire, l’apprentissage du russe lui semble inutile. Tout un culot, ce Guy Laliberté. On n’a ainsi pas de mal à comprendre que Le Devoir, en 2009, avait qualifié le projet de «trip de star».

Crédit – NASA TV

Tout de même, il ne faut pas oublier que Laliberté est en réalité un clown : on finira par le voir sourire et s’amuser, une fois dans l’espace. Il profitera très bien de la vue qui lui est offerte, d’autant plus qu’avant son départ, des cours de photographie lui avaient été donnés. Malheureusement, le fruit de cet apprentissage nouveau et de cette expérimentation avec un appareil de qualité ne sera visible qu’à la toute fin, au générique. C’est dommage, car cela constitue, selon moi, la force du film. Les clichés sont étonnants de beauté et démontrent notre planète Terre sous des angles jamais vus auparavant. C’est en partie pour des images comme ça que j’avais hâte de voir le film, mais les photos prises de la Station Spatiale Internationale n’ont pas

Crédit – Guy Laliberté

constitué la priorité dans la réalisation du documentaire. On a plutôt désiré parler de la vie à bord, des tâches quotidiennes, du déplacement en apesanteur, des sentiments vécus dans l’espace. Pour ce faire, rien de plus que ce qu’on a déjà vu mille fois : les gouttes d’eau qui restent dans l’air quand on essaie de boire; le thon en canne; les ecchymoses sur les genoux car on a de la difficulté à contrôler nos déplacements; le tapis roulant pour ne pas laisser ses muscles s’atrophier; le sac de couchage spécial pour dormir. De plus, plusieurs images d’archives sont insérées dans le documentaire, accompagnées de témoignages d’astronautes, dont le canadien Chris Hadfield. La question se pose donc : Adrian Wills voulait-il réaliser un  film sur le voyage dans l’espace en général ou sur celui de Guy Laliberté?

De toute façon, sur les 1h30 que dure le documentaire, on n’en passera que 30 véritablement dans l’espace, car le reste est consacré plutôt à la préparation. Pour quelqu’un qui s’intéresse un tant soit peu à l’espace, Toucher le ciel n’apprend alors rien et ne sert pas à grand-chose. Il ne fait pas rêver et faire en sorte qu’on croit que de voyager dans l’espace devient accessible à tous, car Guy Laliberté est, somme toute, un homme ordinaire. Il ne montre que les extravagantes lubies d’un milliardaire qui a trouvé la façon la plus spectaculaire possible pour attirer l’attention et amasser des fonds pour sa fondation.

Crédit – Les Films Séville

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