Et maintenant on va vers Nadine Labaki

Et maintenant on va où? de la libanaise Nadine Labaki

Dans un pays qu’on devine le Liban, dans un petit village isolé, cohabitent paisiblement chrétiens et musulmans. Dans le reste du pays, ce n’est pourtant pas le cas, les deux religions s’affrontent dans un bain de sang. La paix du village est fragile. Les femmes, unies, tentent de cacher les événements aux hommes, pour protéger leurs familles. Pour les empêcher de sortir les poings, elles sont prêtes à tout.

Engager des danseuses ukrainiennes, cacher la mort d’un fils ou encore tirer dessus, cacher les armes, briser le seul téléviseur du village, brûler les journaux, amadouer les leaders religieux, mettre en scène une fausse apparition de la vierge marie, droguer les hommes

Résultat : des situations comiques, sans jamais tomber dans le cabotinage, sans jamais détourner l’enjeu principal du film, l’amour inconditionnel de la famille. Avec fluidité que les scènes tragiques s’enchaînent. Parce qu’au fond c’est tragique. C’est la guerre, le village a connu des temps difficile, coutant la vie à plusieurs villageois. À la fin, après avoir tout tenté pour sauver le village, quand on croit qu’on a résolu la situation, on se retrouve perdu à nouveau. Voilà pour le titre du film Et maintenant on va où?, qui constituent les dernières phrases du long métrage. Cette dernière scène, elle est drôle et triste à la fois, et c’est ce qui fait la beauté de la scène. La réponse à Et maintenant on va où?, la réalisatrice elle-même le dit, elle ne l’a pas.

Le comique passe bien et que le tragique n’est pas lourd, probablement dû à la  présence de deux chansons chantés par les acteurs, style comédie musicale. «Je ne voulais pas faire un film politique, les chants et les danses me permettent de donner une atmosphère de conte et de fable» dit Nadine Labaki. Effet conte tout à fait réussi.

L’histoire est à la fois irréaliste et complètement ancrée dans le réel. Parce que la rivalité entre musulmans et chrétiens est belle et bien présente, mais l’attitude de ces femmes est surprenante. Les répliques sont cinglantes, on s’étonne de voir ces femmes parler de sexualité. Au-delà de la religion, elles sont des femmes, tout simplement.

Un beau film, rempli d’amour, rafraichissant, qui fait sourire et pleurer. En arabe, sous-titré français, une nécessité à la vérité du film.

Et maintenant on va où? Ma réponse, c’est allez voir le film. Pour ma part, je vais me précipiter à visionner Caramel, le premier long métrage de Nadine Labaki, et bien sûr suivre sa carrière de près.

À l’affiche dès le 25 mai 2012 au Cinéma du parc

Récompenses
– Sélection dans la catégorie Un certain regard au Festival de Cannes en 2011
– Mention spéciale du jury œcuménique au Festival de Cannes
– Prix du public Festival international de film de Toronto en septembre 2011
– A représenté le Liban aux derniers Oscars.

(Chronique de l’émission du 21 mai 2012)

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