Jacob Tierney et la détermination d’une génération

Source: The Coast

The Trotsky (120 minutes, Canada)

Avec: Jay Baruchel, Tommie-Amber Pirie, Anne-Marie Cadieux, Geneviève Bujold, Colm Feore

Réalisation et scénario: Jacob Tierney

Leon Bronstein, montréalais anglophone de l’ouest de l’île, fils d’un riche bourgeois juif propriétaire d’une usine de textiles, est, à 17 ans, convaincu d’être la réincarnation du leader bolchévique Leon Trotsky. Alors qu’il pense être appelé à revivre le destin de son héros, Leon organise une grève de la faim à l’usine de son père, qui le puniera et l’enverra à l’école publique. Rien n’arrête Leon, qui, se basant sur les concepts d’apathie et d’ennui, convainc ses camarades de classe de la nécessité de créer un syndicat étudiant. Puisque les autorités scolaires ne les considérent que comme des « enfants qui n’ont aucun droit », Leon invite les étudiants de son école à défier les règles et à sortir dans les rues.

Le contexte du film The Trotsky n’est pas le même que celui de la grève étudiante que vit présentement le Québec, mais l’histoire l’est. Au fond, Leon tente de faire comprendre à la direction de l’école et à la commission scolaire que les étudiants ont des droits, et qu’ils tentent de les faire respecter. Devant le peu d’appui qu’il a venant des adultes, Leon se fait le porte-parole de sa génération et crie à ses supporters que les autorités peuvent les toucher, mais qu’elles ne les feront pas taire. Ensemble, ils ont le pouvoir de changer les choses, et il faut continuer de crier pour que tout le monde les entendent. Ces paroles, citées presque telles quelles dans le film de Jacob Tierney, rappellent étrangement un slogan entendu à maintes reprises dans les manifestations des derniers mois. « Crions plus fort, pour que personne ne nous ignore! »

Radio-Canada diffusait ce soir ce film montréalais de 2010, qui semblait presque être l’inspiration des étudiants d’aujourd’hui tant il comporte de ressemblances avec la grève étudiante actuelle. Leon travaille sur le futur en s’inspirant du passé. Il tente de réveiller ses comparses de classe en leur faisant comprendre qu’en ne se laissant pas faire, ils ont le pouvoir de changer les choses.

Sans être parfait, ce film est un petit bijou passé un peu trop inaperçu dans le paysage cinématographique québécois. Un film québécois anglophone? Doublé ici? Se déroulant dans un Montréal qu’on ne connaît pas? Tous les commentaires ont été dits à la sortie du film. Il y a deux ans, on ne pouvait pas savoir que Jacob Tierney avait en fait été un avant-gardiste. On ne pouvait pas prévoir qu’en 2012, ce film aurait pu être l’inspiration d’une génération, qui n’en a finalement pas eu besoin. Cette génération s’est organisée elle-même, et si elle n’a pas de Leon, elle a eu Léo, et elle a encore Gabriel, Jeanne, Martine et Éliane.

Photo: Philémon Beaulieu

Donc, étudiants, retenez le message de Leon. Ne perdez pas la voix, n’arrêtez pas de crier et continuez de marcher. Et aussi, prenez deux heures pour regarder ce film drôle et inspirant.

Mentions spéciales à la scène du déclenchement de la grève quand les étudiants sortent tous en même temps de l’école et à la musique signée Malajube.

Et petit clin d’œil à Xavier Dolan qui a lui-même signé plusieurs textes encourageant les étudiants et la mobilisation sociale et dénonçant l’apathie (et non l’ennui dans ce cas-ci) de plusieurs, et qui, dans The Trotsky, a fait le doublage français du personnage de Leon.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s