Camion

Camion (2012, 113 minutes, Canada)

Scénario et réalisation: Rafaël Ouellet

Avec: Julien Poulin, Patrice Dubois, Stéphane Breton

Pour son quatrième film (après Le cèdre penché, Derrière-moi et New Denmark), Rafaël Oullet est allé chercher le comédien Julien Poulin pour incarner le rôle principal. C’est après l’avoir vu dans la série Minuit, le soir, réalisée par son ami Podz, qu’il a eu un coup de coeur pour l’acteur.

Poulin incarne donc Germain, un camionneur d’expérience à l’aube de la retraite, impliqué dans un grave accident de la route. Vivant avec la mort d’une femme sur la conscience, même s’il n’en est pas responsable, Germain sombre peu à peu dans une profonde dépression. Il appelle à l’aide son fils Samuel (Dubois), concierge à Montréal. Celui-ci décide d’aller chercher son frère Alain (Breton) au Nouveau-Brunswick afin de le ramener à la maison familiale pour apporter un peu de soutien à leur père.

Si l’histoire aborde plusieurs thèmes déjà amplement exploités au cinéma, Rafaël Ouellet le fait d’une façon très personnelle. En effet, même s’il tient à spécifier que l’histoire n’est pas autobiographique, elle fait tout de même partie de lui. Le père de Rafaël Ouellet était camionneur et a déjà vécu cette dépression post-accident (même si les conséquences n’étaient pas les mêmes!). Il vient également d’un petit village (Dégelis, dans le Témiscouata) où la vie n’est pas toujours facile. À l’origine, le film devait même être un documentaire sur les derniers jours de M. Ouellet comme camionneur. Peu à peu, le projet a évolué vers une fiction.

Rafaël Ouellet dit s’être inspiré de ce qu’il connait pour écrire son film. Choix logique. C’est  une méthode plus qu’utilisée au cinéma québécois, mais généralement très efficace. Cela donne une couleur très personnelle au film. Dans le cas de Camion, c’est une couleur à la fois grise et triste mais aussi très lumineuse. S’il a des caractéristiques communes avec Le vendeur, de Sébastien Pilote, Camion finit tout de même sur une note un peu plus positive.

Il y a quelque chose de très fort qui ressort du fait qu’un père et ses deux fils soient les personnages principaux de cette histoire. Germain dit ne pas avoir élevé ses fils, puisqu’en tant que camionneur, il était souvent absent. Pourtant, il se rend compte que ses fils sont exactement comme lui. Toute cette histoire atteint son paroxysme lors d’une très touchante scène de chasse à la fin du film.

Camion est un film sur le rassemblement. Avec la crise sociale que vit actuellement le Québec, Rafaël Ouellet dit que les gens s’isolent chacun dans leur coin. Les opinions sont polarisées. Mais son film appelle à la réunion, parce que c’est ensemble qu’on est plus forts.

Camion, qui a déjà séduit le Jury oeucuménique du Festival de Karlovy Vary, et qui a également remporté le prix de la mise en scène au même Festival, ne laissera pas indifférent, et promet de tout rafler les prix dans les festivals où il passera.

Mention spéciale à la musique, superbement bien choisie par les acteurs Viviane Audet et Robin-Joël Cool, amis du réalisateur.

Pour écouter la critique complète: émission du 13 août 2012

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