La féérie d’Alphée et ses étoiles

Alphée, fille du réalisateur Hugo Latulippe et de Laure Waridel, a 5 ans. Elle est atteinte du syndrome Smith Lemli Opitz, une maladie rare puisqu’elle touche un enfant sur 65 000, et qui retarde son développement neurologique et musculaireOr, même si elle fait les choses plus lentement que la plupart des enfants de son âge, cette petite fille qui « se joue des pronostics médicaux depuis le début » finit par y arriver, à son rythme.

Cinq ans. Vient le moment de l’inscrire à la maternelle. Là, difficile de dire à quoi ressemblera le cursus scolaire d’Alphée, alors on ne prend pas de risque et on conseille à ses parents de la placer dans un établissement spécialisé, avec d’autres enfants déficients intellectuels. Or, « dans le doute, on a fait le choix du pire », indique son papa. Et ce choix, c’est tout un défi qu’il se sont lancés lui et la maman d’Alphée, en se disant « notre fille mérite qu’on lui donne une chance ». Ainsi, ils décident de s’exiler loin de Montréal, de la vie organisée et « turbopropulsée », en s’installant dans un petit village suisse le temps d’une année, durant laquelle, ils emprunteront le rythme d’Alphée.

C’est ainsi que le film débute. Nous suivrons Hugo, Laure, Alphée et son grand frère Colin, dans cette aventure à la fois émouvante et poétique. Le spectateur devient alors témoin des nombreux progrès d’Alphée, pour qui toute activité exercée aux côtés de son papa sera prétexte à la faire grandir, à la stimuler et à développer son langage. Car si en apparence, son handicap physique semble minime, elle éprouve tout de même quelques difficulté à parler, à prononcer certaines syllabes.

Alors que le film apparait au premier plan comme un témoignage de cette expérience hors du commun, il est aussi et surtout la lettre d’Amour d’un père envers sa fille, qui laisse apparaître un message universel. 

On est biensur frappé par l’amour inconditionnel qui se dégage de cette oeuvre mais aussi et surtout par l’énergie débordante de cette petite fille, qui voit la vie comme une fête, un gros party. Il lui suffit de faire quelques pas dans la forêt pour entamer une conversation avec Tintin, ou de se pencher sous son lit pour y découvrir le Roi Lion. À cinq ans seulement, cette étoile escalade un sommet des Alpes – tout en empruntant le chemin le plus difficile – puis arrivée en haut, elle se sent prête à recommencer. Énergie DÉ-BOR-DANTE.

Cet exemple illustre très bien le message du film : cessez de sous-estimer le potentiel de ces enfants et cherchez plutôt à voir ce qu’ils sont capables de faire, de comprendre, de ressentir en les stimulant, car chaque enfant est unique. C’est ce qu’ont fait les parents d’Alphée en l’inscrivant notamment à la pré-maternelle du village. Un premier test qui témoigne de sa capacité d’intégration à un groupe.   

Vous l’aurez compris, Alphée des étoiles a été un véritable coup de coeur pour Camille et moi. Hugo Latulippe livre une narration très touchante, Alphée y ajoute sa poésie et sème des étoiles dans les yeux du spectateur.

Impossible de ne pas mentionner la beauté des paysages alpins.. qui ne font qu’ajouter un peu de magie à cette oeuvre sublime.

En sortant de la projection, les réactions sont unanimes : on devrait tous, à un moment de notre vie, ouvrir une parenthèse de quelques mois et s’exiler loin des rythmes effrénés.. pour suivre notre rythme, et faire ce que bon nous semble.

Finalement, je note qu’à chaque fois que je visionne un film de Hugo Latulippe, j’ai le goût de le montrer à tout le monde. C’était le cas de République, un abécédaire populaire, de Bacon le film, et c’est encore le cas avec Alphée des étoiles. Bravo.

– Photos de l’ONF –

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