«Antiviral», de Brandon Cronenberg: un premier film saisissant

Crédit photo – Rhombus Media

Antiviral (2012, 108 minutes, Canada et États-Unis) 

Avec: Caleb Landry Jones, Sarah Gadon, Malcom McDowell, Joe Pingue, et Douglas Smith. 

Réalisation et scenario: Brandon Cronenberg 

Syd March travaille à la Lucas Clinic, un endroit où on vous offre la possibilité de vous faire injecter les virus contractés par vos personnalités préférées. Que ce soit de l’herpès ou un simple rhume, si votre chanteur ou actrice préféré l’a eu, les spécialistes de chez Lucas sont allé lui faire une prise de sang pour obtenir son virus dans une fiole, pour ensuite la dupliquer et la modifier en la rendant non contagieuse. On vend donc des injections de virus, en conseillant les gens sur le virus à choisir et l’endroit où l’injecter, pour être le plus possible semblable à la célébrité qui l’a eue. Le but de tout ça, c’est de créer un lien avec sa célébrité préférée. En ayant son herpès au même endroit dans le visage, on créé une connexion avec elle. 

Dans un monde où la célébrité instantanée et les télé-réalités font fureur, Brandon Cronenberg a décidé de pousser à l’extrême la société dans laquelle on vît, d’extrapoler ses fondements, jusqu’à la limite de la science-fiction. Idée de scénario plus qu’intéressante dans lequel il ne semble pas y avoir de limites, le fanatisme et le culte de la célébrité sont partout, même encouragés.

Drôle d’idée, tout de même, de se rendre malade pour connecter avec quelqu’un…Mais l’imagination de Cronenberg fils ne s’arrête pas là. Existe également dans Antiviral des boucheries où des steaks de vos célébrités favorites vous sont offerts. Confectionnés à partir de tissus, de cellules et de muscles de personnalités, ces morceaux de viande humaine sont prisés, puisque les gens font parfois la file pour en obtenir un. Certains sont tellement obsédés par certaines célébrités qu’ils se font même greffer des bandes de peau sur l’avant-bras. Ils peuvent donc se frotter le bras doucement en touchant en fait la douce peau d’une personnalité aimée.

Crédit photo – Rhombus Media

Pas seulement une réflexion sur l’obsession de la célébrité, l’histoire d’Antiviral va se compliquer quand Syd March va rencontrer Hannah Geist, LA célébrité du moment, pour lui prélever du sang. Il décidera alors de s’en injecter une partie en cachette, pour contracter lui-même son virus, étant lui-même fasciné par sa beauté. Syd est également un pirate qui possède une copie de la machine de la Lucas Clinic, qu’il utilise pour transformer les virus qu’il s’injecte en fioles à vendre sur le marché noir. Pourtant, ce virus-là le fera délirer jusqu’à en perdre connaissance, et quand il se réveillera, il réalisera qu’Hannah Geist est décédée. Il est donc porteur d’un virus mortel et devra mener une enquête pour découvrir comment se guérir. Mais il deviendra la proie des fans d’Hannah Geist et des vendeurs au noir, parce que la nouvelle court que Syd est la dernière personne à l’avoir vu vivante et savent qu’il est clairement infecté de ce qui l’a tuée. On veut donc son sang, sa peau, tout de LUI, parce qu’il représente tout ce qu’il reste d’ELLE. On va le kidnapper, le voler, le maltraiter, bref, c’est une vraie lutte qu’il va livrer pour rester en vie.

Un but assez difficile à atteindre alors que la société entière nous voit comme le seul espoir d’être en contact une dernière fois avec sa célébrité favorite. Et il est surprenant de voir à quel point le jeune Caleb Landry Jones, interprète de Syd March, est doué pour nous faire croire autant à sa maladie qu’à ce monde complètement tordu. 

Crédit photo – Rhombus Media

Alors que l’on voit son état se dégrader de façon toujours très réaliste, et que sa peur, sa rage, et son impuissance sont visibles dans son regard, Caleb Landry Jones peut se vanter, à 21 ans, de porter un film sur ses épaules. On retrouve également au casting Sarah Gadon dans le rôle d’Hannah Geist, qu’on a vu récemment dans Cosmopolis, et A Dangerous Method, de Cronenberg père, et Malcom MacDowell, le fameux Alex dans A Clockwork Orange, entre autres.

Mais ce qui est véritablement intéressant, c’est de constater le travail de Brandon Cronenberg, sur ce qui est son premier long-métrage. Si certains plans sont artistiques, comme s’il voulait explorer, ils sont en général très puissants et intéressants. L’esthétisme et la photographie du film sont magnifiques, et le visuel varie selon les situations, les univers et l’avancement de l’intrigue, ce qui constitue la grande force du film. Il a aussi très bien réussi à illustrer le côté glamour et la perfection des célébrités pour que le spectateur comprenne bien ce qui pousse les gens à aller aussi loin. La tension a été magnifiquement instaurée également, le côté suspense, presque horreur au film. Ça parait qu’il provient d’une famille œuvrant dans le milieu, car il sait définitivement ce qu’il fait. Bel apport de la musique également à Antiviral, à l’affiche depuis le 12 octobre dans les cinémas.

Crédit photo -Rhombus Media

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