Les Misérables: Quand trop c’est comme pas assez

les mizAu début des années 1980, Claude-Michel Schönberg crée une comédie musicale inspirée de l’œuvre de Victor Hugo. Cinq ans plus tard, Cameron Makintosh l’adapte pour le public anglophone. Elle est jouée en permanence à Londres depuis 1985, ce qui lui a valu le record de longévité pour une pièce de ce genre en 2006. Depuis, Makintosh l’a adaptée ailleurs dans le monde, notamment à Montréal au début des années 1990, avant qu’elle soit mise en scène de nouveau, cette fois par Frédéric Dubois, dans le cadre des festivités du 400e anniversaire de Québec en 2008.

Dès la fin des années 80, Makintosh avait en tête l’idée de faire un film tiré de la comédie musicale. Il aura fallu attendre jusqu’en 2010 pour que quelqu’un s’intéresse au projet. C’est finalement Tom Hooper (The King’s Speech) qui signe l’adaptation cinématographique de ce drame musical. Claude-Michel Schönberg et Alain Boublil, qui avaient signé les textes de la comédie musicale originale ont également collaboré au scénario du film, avec Herbert Kretzmer et William Nicholson. Quant aux personnages, ils sont interprétés par des grands d’Hollywood : Hugh Jackman, Russell Crowe, Anne Hathaway, Amanda Seyfried, Eddie Redmayne, Sacha Baron Cohen et Helena Bonham Carter. Une équipe de rêve donc pour cet immense projet.

Je ne raconterai pas toute l’histoire des Misérables ici, parce que c’est interminable. Au cinéma, ça donne un film de 2h40 environ. C’est loooooong. Pour moi, un film qui dure plus que 1h50, c’est long. Ça peut être bon, mais c’est long. Quand on se dit qu’en allant voir Les Misérables, avec les pubs qui sont présentées avant le film, on va être assis un peu plus de trois heures, ça peut en décourager plusieurs. D’autant plus que c’est pas juste long, c’est un peu lourd aussi. C’est une vraie comédie musicale (ou plutôt mélodrame musical dans ce cas-ci) dans laquelle il n’y a à peu près pas de texte. Sans exagérer, il doit y avoir max trois phrases qui ont dites dans le film et qui ne font pas partie des chansons. Donc 2h40 de textes chantés, c’est lourd. Surtout que des paroles de chansons, ce n’est pas toujours facile à saisir, d’autant plus que c’est en anglais. Mais je suis certaine qu’en français ce doit être encore plus bizarre. Quoique je suis quand même un peu curieuse de voir ce que ça donne…

Bref, ça m’a demandé un trop gros effort intellectuel pour l’état d’esprit dans lequel j’étais. Pendant la première heure, j’ai souvent décroché, ce qui fait que je peux difficilement critique la performance d’Anne Hathaway (Fantine) dont tout le monde parle. Je ne m’en souviens plus. Par contre, pour l’heure et les quarantes minutes restantes, j’étais très alerte. Assez pour remarquer que Hugh Jackman est assez solide dans son rôle de Jean Valjean, beaucoup plus en tout cas que Russell Crowe (Javert), pour qui il est clair que le chant n’est pas le premier métier. Il n’est pas pourri, juste un peu moins à la hauteur. Amanda Seyfried (Cosette) et Eddie Redmayne (Marius) sont mignons, mais pas exceptionnels. Ils sont à la limite du couple trop parfait de films d’amour inspirés des romans de Nicholas Sparks. Un peu comme Helena Bonham Carter et Sacha Baron Cohen (les Thénardier) qui joue encore des espèces de freak un peu comiques, mais qui pourraient facilement tomber dans la caricature. Ils étaient, j’imagine, l’élément drôle et léger du film. Moi, ça ne m’a pas fait rire. Par contre, j’ai beaucoup aimé Daniel Huttlestone (Gavroche), qui m’a donné des frissons.

les miz 2

Les Misérables n’est pas que négatif, au contraire. C’est un grand film. Les images et la réalisation sont exceptionnelles. Les prises de vue du haut de Paris sont à couper le souffle. On est vraiment dans la rue avec les révolutionnaires et coincés dans les égoûts de Paris avec Valjean qui tente de sauver Marius d’une mort certaine en fuyant Javert. Là aussi j’ai eu le souffle coupé, mais pour une autre raison. Pour une rare fois dans ma vie, j’ai été un peu claustrophobe en regardant un film.

Quand on sait aussi que les chansons n’ont pas été ajoutées en post synchro, mais bien chantées live devant la caméra, on est impressionnés par les grandes qualités de ce film. La scène finale, dans laquelle tous les personnages morts pendant la révolution accueillent Valjean en chantant Do You Hear the People Sing est également très touchante. J’ai failli applaudir quand le générique a commencé.

Les Misérables devraient récolter quelques prix aux Golden Globes, si ce n’est pas carrément aux Oscar. Nous connaitrons d’ailleurs les nominations officielles aux Academy Awards dans quelques jours. D’ici-là, même si ce n’est pas un film parfait, on reconnait facilement ses grandes qualités. Sauf qu’on sort de la salle un peu étourdis et en ayant vaguement mal au cœur. Trop c’est comme pas assez, qu’on dit. C’est un peu ça ici. C’est comme des bonbons. À petite dose, on aime ça, mais quand on en mange trop, ça finit par tomber sur le cœur. Malgré tout, comme on aime ça, on recommencera toujours à en manger. Les Misérables, c’est la même chose. Ça prend quelques jours pour s’en remettre, mais à long terme, ça on se rend compte d’une qualité particulière de ce film, que je n’a pas mentionnée plus tôt. J’ai assez aimé ça pour possiblement le revoir éventuellement, mais surtout, pour lire l’œuvre originale.

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Une réflexion au sujet de « Les Misérables: Quand trop c’est comme pas assez »

  1. « long long long ,Trop c’est comme pas assez…..c’est long …». mais de quoi tu parle ? c’est pas plus long qu’un opera ou même d’autre films présentement à l’affiche comme le Hobbit. Le problème c’est que les gens sont conditionner par la formule hollywoodienne des blockbusters. Ca sort un peu de la formule alors on dit : « c’est bon mais, c’est pas la même chose que j’ai vue un million de fois». Si tu veux voir quelquechose qu’on peu réelement qualifier de « long et lourd » va écouter la Shoah de Lanzmann

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