Rebelle sélectionné

À la surprise générale (en tout cas, à MA surprise générale) ce sera Rebelle, de Kim Nguyen, qui représentera le Canada dans la course aux Oscars. Laurence Anyways, de Xavier Dolan et Inch’Allah, d’Anaïs Barbeau-Lavalette étaient pourtant les favoris.

Même si Laurence Anyways n’a pas enregistré beaucoup d’entrées en salles à sa sortie au début de l’été, il vient d’être récompensé du prix du jury au Festival de Toronto. Habituellement, ce prix est une bonne indication de la sélection de Téléfilm Canada.

Quant à Inch’Allah, le fait que Luc Déry et Kim McGraw en soient les producteurs laissait supposer qu’il serait sélectionné. Les producteurs de micro_scope, étaient également derrière Incendies, de Denis Villeneuve et Monsieur Lazhar, de Philippe Falardeau, deux films qui se sont rendus aux Oscars en 2011 et 2012.

La 85e cérémonie des Oscars aura lieu le 24 février 2013, mais la liste officielle des films en nomination sera dévoilée le 15 janvier. Rebelle sera de retour sur les écrans dès le 28 septembre.

Camion

Camion (2012, 113 minutes, Canada)

Scénario et réalisation: Rafaël Ouellet

Avec: Julien Poulin, Patrice Dubois, Stéphane Breton

Pour son quatrième film (après Le cèdre penché, Derrière-moi et New Denmark), Rafaël Oullet est allé chercher le comédien Julien Poulin pour incarner le rôle principal. C’est après l’avoir vu dans la série Minuit, le soir, réalisée par son ami Podz, qu’il a eu un coup de coeur pour l’acteur.

Poulin incarne donc Germain, un camionneur d’expérience à l’aube de la retraite, impliqué dans un grave accident de la route. Vivant avec la mort d’une femme sur la conscience, même s’il n’en est pas responsable, Germain sombre peu à peu dans une profonde dépression. Il appelle à l’aide son fils Samuel (Dubois), concierge à Montréal. Celui-ci décide d’aller chercher son frère Alain (Breton) au Nouveau-Brunswick afin de le ramener à la maison familiale pour apporter un peu de soutien à leur père.

Si l’histoire aborde plusieurs thèmes déjà amplement exploités au cinéma, Rafaël Ouellet le fait d’une façon très personnelle. En effet, même s’il tient à spécifier que l’histoire n’est pas autobiographique, elle fait tout de même partie de lui. Le père de Rafaël Ouellet était camionneur et a déjà vécu cette dépression post-accident (même si les conséquences n’étaient pas les mêmes!). Il vient également d’un petit village (Dégelis, dans le Témiscouata) où la vie n’est pas toujours facile. À l’origine, le film devait même être un documentaire sur les derniers jours de M. Ouellet comme camionneur. Peu à peu, le projet a évolué vers une fiction.

Rafaël Ouellet dit s’être inspiré de ce qu’il connait pour écrire son film. Choix logique. C’est  une méthode plus qu’utilisée au cinéma québécois, mais généralement très efficace. Cela donne une couleur très personnelle au film. Dans le cas de Camion, c’est une couleur à la fois grise et triste mais aussi très lumineuse. S’il a des caractéristiques communes avec Le vendeur, de Sébastien Pilote, Camion finit tout de même sur une note un peu plus positive.

Il y a quelque chose de très fort qui ressort du fait qu’un père et ses deux fils soient les personnages principaux de cette histoire. Germain dit ne pas avoir élevé ses fils, puisqu’en tant que camionneur, il était souvent absent. Pourtant, il se rend compte que ses fils sont exactement comme lui. Toute cette histoire atteint son paroxysme lors d’une très touchante scène de chasse à la fin du film.

Camion est un film sur le rassemblement. Avec la crise sociale que vit actuellement le Québec, Rafaël Ouellet dit que les gens s’isolent chacun dans leur coin. Les opinions sont polarisées. Mais son film appelle à la réunion, parce que c’est ensemble qu’on est plus forts.

Camion, qui a déjà séduit le Jury oeucuménique du Festival de Karlovy Vary, et qui a également remporté le prix de la mise en scène au même Festival, ne laissera pas indifférent, et promet de tout rafler les prix dans les festivals où il passera.

Mention spéciale à la musique, superbement bien choisie par les acteurs Viviane Audet et Robin-Joël Cool, amis du réalisateur.

Pour écouter la critique complète: émission du 13 août 2012

Flops de réalisateurs

Parfois, ça n’en prend qu’un : la filmographique d’un excellent réalisateur contient un boulet qui la traîne inévitablement vers le bas, qui ne devrait pas s’y retrouver, qui se démarque, tout simplement parce qu’il n’a pas été à la hauteur des autres. J’appelle ça un flop. Et, bien sûr, ce que je considère comme un flop peut sembler subjectif, c’est pourquoi cette chronique est basée sur de très mauvaises critiques, sur des prix Razzies, et sur le consensus général qui place ces films dans des palmarès des pires films de tous les temps, entre autres par le réputé critique de cinéma Roger Ebert.

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Le film d’une visionnaire

(Critique du film Liverpool, tel que parue originalement sur La bible urbaine)

Liverpool (2012, 113 minutes, Canada)

Scénario et réalisation: Manon Briand

Avec: Stéphanie Lapointe, Charles-Alexandre Dubé, Louis Morissette

Manifestations monstres organisées en quelques heures via les réseaux sociaux, soulèvements populaires, slogans et pancartes démontrant toute la créativité de ce peuple qui se mobilise, rues et port de Montréal congestionnés… Malgré ce qu’on peut croire, non, Manon Briand ne s’est pas inspirée des récents évènements qu’a connus le Québec pour écrire son nouveau film. Lire la suite

Le point sur les ciné-parcs : Pourquoi tendent-ils à disparaître ?

Collaboration spéciale du journal Montréal Campus.

Audrey Desrochers est en studio le 6 août 2012 pour faire le point sur la situation des ciné-parcs. Elle nous partage ses recherches et les propos d’intervenants du milieu, qu’elle a fait dans le cadre d’un portrait pour le Montréal Campus (Journal étudiant de l’UQAM).

Vous pouvez consulter le portrait complet en ligne.

Pour réécouter la chronique, consultez la page web de Générique.

(Cette chronique fait suite et complète celle de notre collaborateur Claude à l’été 2011).

Sophie Chartier / Montréal Campus

La Run: courrez le louer

Crédit photo – K-Films Amérique

La Run (2011, 104 minutes, Québec)

Avec: Jason Roy-Léveillée, Pierre-Luc Brillant, Nicolas Canuel, Marc Beaupré, Nanette Workman et Martin Dubreuil.

Réalisation: Demian Fuica

Scénario: Demian et Léonardo Fuica, Martin Poirier

Inspiré par l’histoire vraie d’un jeune homme de bonne famille, étudiant en ingénierie, qui connaît des déboires judiciaires après avoir participé au commerce de stupéfiants, La Run met en scène Guillaume, un jeune homme pour qui tout va bien, mais qui se trouve contraint de faire de l’argent dans un temps record afin de payer les dettes de jeu de son père. Comme l’homme à qui son paternel a emprunté de l’argent veut se faire rembourser très rapidement, Guillaume comprend que son job étudiant n’est pas suffisant. Il joindra son ami d’enfance dans sa run de distribution de drogues et grimpera rapidement les marches de l’industrie.

Si le générique de début du film La Run est très agressif, presque agressant, il donne également le ton au film: c’est une réalisation et des plans plus qu’efficaces qu’on retrouvera dans ce dernier projet des frères Fuica. Le film s’ouvre dans un long plan-séquence sublime, Lire la suite